LOUVE
February 18, 2026

Ce qui gisait là n’était ni homme ni bête. Louve, elle était le produit de l’amour et de la haine des hommes, l’abnégation sans demi-mesure pour ses pairs et à la fois la haine constante des défauts qu’elles trouvaient en eux. Elle aimait leur nature fragile mais se répugnait de leurs sentiments faibles à l’image de la terre dont ils avaient germés. C’était cette vérité-là qui avait causé son malheur et son manque d’amour dès le plus jeune âge : ses parents sont morts, dépouillés par un voleur puis lâchés aux bêtes de la faune. Si Louve avait survécu ce n’était ni par chance ni par hasard : mais parce qu’elle était forte.
Louve a connu l’amour rance devenu acide. Elle ne sera point mère. Car elle est devenue fauve. Elle a oublié la fragilité des émois mais on lui a offert le don de comprendre mieux que quiconque leur grâce : elle perçoit les ondes des battements de chaque palpitant. Comme une harpe gigantesque dont ses doigts pouvaient en faire vibrer les cordes un peu trop fort pour en chambouler l’harmonie. C’est alors devenu comme une seconde nature pour elle d’analyser et comprendre chaque émotion. Reconnaître la peur ou la joie comme on sentirait le parfum d’une rose que l'on aurait arraché. Elle peut contrôler et synchroniser avec précision le rythme d’une ou plusieurs personnes : de la nervosité à la tachycardie.
Elle était arrivée à la conclusion suivante : ça serait en arrachant les mauvaises herbes que l'on pouvait espérer un jour cueillir de jolies fleurs. Elle croyait en la sélection naturelle et en ferait son leitmotiv : elle est devenue l’élue des hommes pour les sauver de leur médiocrité. Alors elle ne tentera pas de les sauver de leur propre perte. S’ils doivent mourir, ils mourront. Elle n’était ni une sainte ni rédemption : elle serait dieu féroce et immuable; autorité divine qui choisirait la survie des plus méritants. Alors elle observe et ne sauve pas. Elle n’aide ni la veuve ni l’orphelin qui ne sont que la caricature de sa cause bien plus noble : elle tendra la main aux écorchés vifs, à ceux qui ont cette identique hargne monstrueuse dont elle s’était drapée derrière son joli sourire. Mais si étrangère et éloignée à la normalité, elle ne voit aujourd’hui plus que l’homme et son humanité comme une maladie dont elle est devenue immunisée. Les rires et les émois sont comme un soleil d’hiver ou un éclair au milieu de l’été : un vacarme dérangeant qui grondait comme un secret bien gardé.
Louve autrefois humaine, elle portait le nom de Arielle // exclusivement végétarienne // Le loup dans la bergerie // surprenament coquette, du genre à prendre soin de ses mains et limer soigneusement ses ongles // n'a aucun soucis avec la violence // préfère le combat rapproché à mains nues // style offensif presque mécanique; instinctif et gravé dans sa peau après des décennies de survie // dieu existe, mais Dieu est mort // a pris comme habitude de décoder le monde par les battements de coeurs : si bien qu'elle ne sait plus lire les traits les plus évidents d'un visage. // la beauté l'indiffère, c'est dans la destruction qu'elle trouve les plus belles ruines à rebâtir // syndrome du sauveur // n'envie personne et pourtant d'une jalousie presque absurde // croit foncièrement que ses intentions sont bonnes // cruelles mais nécéssaires car la survie des méritants implique des sacrifices.
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